Jean Scot Érigène

Johannes-Scotus-ErigenaAu IXe siècle, le petit-fils de Charlemagne, Charles le Chauve, fonde l’école palatine, l’école du Palais destinée à encourager les arts, en particulier ceux du livre ; il recrute comme enseignant un certain Jean, moine de son état, que l’on affuble du qualificatif de Scot Erigène par référence à son origine, Scot voulant dire irlandais en latin puisque la terre des Scots, la Scotia, désignait l’Irlande, tandis qu’Erigène signifie également originaire d’Irlande, cette contrée étant appelée « Eriu » par les natifs.

Jean était très savant pour son époque : il connaissait, évidemment, le latin – en particulier les Pères de l’Eglise, comme Ambroise et Saint Augustin –, mais aussi, et c’était bien plus rare, le grec : il avait étudié les œuvres de Maxime le Confesseur, de Grégoire de Nisse et s’était spécialisé dans le Pseudo-Denys l’Aréopagite, un auteur néoplatonicien de la fin du Ve siècle qui a beaucoup influencé le Moyen-âge et même la Renaissance.

Néanmoins, la pensée de Jean est originale et l’on est surpris de la trouver proche de la nôtre. Il écrit, par exemple, dans La Division de la nature, que le Créateur se crée lui-même en créant les êtres car, explique-t-il, c’est en devenant quelque chose d’autre que soi que Dieu se connaît lui-même, autrement dit grâce à sa propre création. Et il ajoute que tous les êtres créés sont autant de lumières partielles, de sorte que la création dans son ensemble n’est, finalement, qu’une illumination destinée à rendre manifeste la présence agissante de Dieu.

C’est cette conception de la Lumière, et cette philosophie du Tout et de l’Un qui nous ont fait prendre pour parrain spirituel Jean Scot Erigène.